Muscle de l’âme, muscle poubelle, muscle du stressé, le psoas interroge. Je vous livre ici humblement les fruits de ma réflexion et de mes recherches sur ce muscle star.
Un peu d’anatomie :
Le psoas a une forme de fuseau ou de jambe (voir image associée). Il connecte la colonne vertébrale et les membres inférieurs.
Le psoas comprend le grand psoas et le petit psoas.
Le petit psoas est en relation avec le bassin parce qu'il le traverse avant de rejoindre la hanche. Une de ses principales caractéristiques est son inconstance, 40% des personnes n'en ont tout simplement pas !
Quant au grand psoas, il s’insère sur les 5 vertèbres lombaires, sur la 12ème dorsale et rejoint la hanche avec le muscle iliaque. Les deux psoas sont en relation avec le bassin.
Leur rôle est essentiel dans la marche, la mobilité du bassin et des lombaires et la stabilisation lombaire.
Il contribue au maintien de l’équilibre et au soutien des organes internes avec le plancher pelvien.
Il semble qu’il influe sur le système nerveux et la circulation aortique.
Il agirait indirectement sur la respiration, la digestion et l’excitation sexuelle.
C’est un muscle particulièrement sensible car très sollicité (usage quasi permanent) et souvent mis en tension de façon normale et physiologique.
Polémiques autour du psoas :
Tout le monde n’est pas d’accord avec la théorie du muscle poubelle ni sur le rôle du psoas dans les douleurs lombaires.
La théorie du muscle poubelle véhiculée dans le milieu des ostéopathes viendrait de Denis Brooks. Ce dernier a émis l’idée que les toxines contenues dans les uretères transpireraient à travers le fascia pour venir se loger dans le psoas. Il n’existe à ce jour et à ma connaissance, aucune preuve que des toxines se logeraient plus volontiers dans le psoas qu’ailleurs. C’est pourquoi certains parlent de mythologie ostéopathique.
Une autre théorie, de Claude Bochuberg, serait que le muscle psoas, ayant la même constitution anatomo-physiologique que le trapèze (striée et rouge), il réagirait comme ce dernier. Il serait donc particulièrement sensible à la production de toxines liées aux stimuli anxiogènes et donc au stress. Les influx neuro-endocriniens agissants sur la nature des microfibrilles. Dans cette théorie, le muscle psoas retrouve son rôle de muscle poubelle. Si on peut vérifier cette théorie pour le trapèze en mesurant l’activité électrique à l’aide d’électrodes, cela se révèle impossible pour le psoas. Celui-ci étant positionné trop profondément dans le corps pour que l’on y pose des électrodes.
Il est cependant assez facile de s'accorder sur le fait que le psoas servant de « rail » au système digestive lui-même mobilisé par la respiration : les tensions digestives et/ou urinaires (mauvaise alimentation, stress, chirurgie ; etc...) peuvent se transmettre au psoas de par leur proximité anatomique.
En ce qui concerne les douleurs lombaires, certains pensent qu’un psoas en mauvaise santé peut être à l’origine de ces douleurs et d’autres qu’un psoas douloureux est une conséquence des douleurs lombaires.
Il y a fort à parier que le psoas soit concerné à la fois par des troubles mécaniques et tensionnels. Cela revient, pour moi, à se demander qui de la poule ou de l’œuf serait apparu en premier. Les deux finissant par s'auto-entretenir dans la création d'un cercle vicieux.
Ce qui blesse le psoas :
Le sédentarisme, une mauvaise posture notamment la posture assise prolongée et récurrente, l’obésité, l’excès d’exercice physique, un mauvais équilibre musculaire, la chirurgie abdominale, le stress.
Langage du psoas :
La douleur parle de la « révolte face à ce qui ne se maîtrise pas », elle semble toujours inutile et absurde. Elle est une expérience solitaire. Pour donner du sens, il faut être au moins deux. La libération de la parole apaise et desserre quelque peu les griffes du muscle en souffrance.
Nous pouvons supposer qu’un psoas douloureux parle de déséquilibre, de bonne marche compromise, qu’il raconte le besoin de se mettre hors-jeu pour le moment, qu’il appelle à renoncer d’avancer, peut-être pour mieux maintenir l’intégrité du sujet.
Il se peut également que le cerveau via le système nerveux lui communique des mémoires de stress post traumatiques.
Il convient de s’interroger intimement sur ce qui résonne ou pas dans l’intimité de son être ; peut-être qu’il n’y a pas de message ou qu’il est complètement autre.
« L’être ne se donne pas (…) nous sommes dans le flou (…). Toute tentative d’identification à son endroit est un leurre. L’hypothèse la plus sophistiquée ne débouche sur aucun absolu » *
Le mystère de l’être demeure, nous invitant à l’humilité. Le praticien n’est jamais en position de maîtrise. Quoiqu’il en pense et quel que soit le désir de la personne qui le consulte.
En conclusion :
J’ai été surprise dans mes recherches de constater à quel point les points de vue des uns et des autres peuvent être si diamétralement opposés ! Je ne peux que constater que l’on manque d’informations objectives pour se former une opinion sûre.
Mais si on manque d’études et de connaissances sur le langage du psoas, nous savons tout de même comment en prendre soin.
Pour maintenir votre psoas en bonne santé et prévenir, voir guérir, les douleurs lombaires :
No stress ! Marchez, étirez-vous°, écoutez votre corps, et
faîtes-vous masser régulièrement !
Mettez toutes les chances de votre côté pour vivre, vieillir et mourir en bonne santé :)
En cas de douleurs persistantes : consultez un médecin !
*Le cri du psoas, Claude Bochuberg
°La pratique du Qigong inclut des étirements et des exercices pour la mobilité du bassin.
Bibliographie :
le cri du psoas, Claude Bochuberg
Le psoas, muscle vital, Jo Ann Staugaard-jones
Anatomie Clinique, 4e édition, Tome 1 : anatomie générale des membres, P.Kamina
Diverses chaînes youtube d’ostéopathie
Un grand merci à Jonathan Nuvolone, ostéopathe D.O pour sa relecture, ses conseils et sa bienveillance.